Spagguetta OrghasmmondCoppi & Bartali (45T) / Parigi sotto la Pioggia (33T)

Cat. Nr.:ROREC015
Release date:2014-07-14
Label:Rockerill Records / Love Mazout / Dewane Records / Hovercraft / Going Up
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Details:

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http://youtu.be/6yMF6E4eT44

http://youtu.be/GNe60q-iI3Y

 

Tracklist:
  1. Coppi & Bartali
  2. Parigi sotto la Pioggia
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  • PRESS RELEASE
  • Dirk Weis
  • Spagguetta Orghasmmond est une monstruosité temporelle, responsable de mariages contre nature et d’anachronismes flagrants. Qui, de nos jours, miserait encore une lire italienne sur une musique de bal populaire à deux balles exécutée par J. Raznor sur un orgue hammond passéiste ? Qui donnerait encore du crédit au phrasé croonerisant de ce Vince Taylor des plages de Rimini qu’est Barako Bahamas? Personne ? Loupé. Rockerill Records veille au grain et traque toute perle rare qui pourrait surnager dans ce monde aseptisé et convenu dans lequel nous sommes plongés. Spagguetta Orghasmmond, après une poignée de concerts homériques, défie désormais la postérité grâce à un 7’’ qui sent le soleil transalpin et le mégot encore chaud d’une fin de soirée aux lampions sur la Riviera.

    On notera toute la pertinence et le sens du détail affichés par le duo. Alors que la face A se joue en 45 tours, la face B, elle, se découvre en 33 tours. Logique, la vitesse plus rapide s’impose lorsqu’il s’agit d’exposer la légendaire rivalité des cyclistes Fausto Coppi et Gino Bartali. Dopés au Martini rouge, Raznor et Bahamas donnent vie sonore à cette dualité sportive faite de sueur et d’huile de mollets sur un tempo soutenu qui doit néanmoins plus à une valse lente qu’à un sprint de fin d’étape au Giro. Une fois la galette retournée, c’est « Parigi sotto la pioggia » (« Paris sous la pluie ») qui vous attend. Voix magnifiée par la réverbération d’un micro langoureux, sifflements tristes de militaires en goguette, ritournelles synthétiques d’autrefois, toute cela se marie dans un drôle de morceau dont le côté punk n’aura échappé à personne.

    Punk ? Spagguetta Orghasmmond ? Punk-fusion, même, à l’image de la pochette du single qui mêle clichés surannés d’une Italie de vacances made in sixties et grimaces de nos deux facétieux larrons. S’il fallait trouver un précédent à l’œuvre commise ici, on invoquerait le souvenir de la reprise en français de « Anarchy in the UK » par Jerzimy dans « The Great Rock’n Roll Swindle ». On y retrouve ce même mélange des genres jouissif, ce « no future » frondeur qui ne peut s’empêcher de lorgner vers le passé pour s’en inspirer et le détourner. Un ascolto urgente si imporsi !
              


  • rédigé par Jean Thooris
  • On n’a pas tous les jours l’occasion de se marrer en lisant un dossier de presse. Jusqu’à ce que le label Rockerill Records (que l’on connaissait plus sérieux) annonce la sortie du premier EP de… Spagguetta Orghasmmond, "duo moitié Spaghetti, moitié Orgasme, moitié Hammond qui nous livre leur premier 45t reprenant leurs deux plus célèbres hits dores-et-déjà ringards : Coppi & Bartali et Parigi Sotto La Pioggia ». Bienveillant, le label précise que « ce merveilleux disque est downloadable en copie promo ». Voilà qui change des habituels « voici notre premier EP influencé par Joy Division / The Cure / Bauhaus". Comme il est rare de tomber sur un label dopé à l’intégrale Ed Wood, on télécharge la chose. Et on n’est pas déçu : depuis les Moog Cookbook massacrant Nirvana et Soundgarden aux synthétiseurs analogiques, rarement Charlie Oleg n’avait semblé aussi précurseur qu’ici, rarement l’illustre joueur d’orgue Hammond de « Tournez Manège » n’avait à ce point influencé la variété pop.
     
    Parlons d’abord du chef-d’œuvre de cet EP (bizarrement relégué en Face B, sont cons ces Spagguetta Orghasmmond) : « Parigi Sotto La Pioggia » (en français, Paris sous la pluie), un slow sous lexomil dans lequel le chanteur Barako Bahamas (ça ne s’invente pas) égrène quelques vérités cruciales sur la Capitale : il n’y a pas de taxis la nuit, les rues sont désertes à partir de deux heures du matin, et en plus tu dois rentrer chez toi à pied. Barako n’est pas rancunier puisque, malgré la flotte, il précise quand même qu’il s’agit de « la plus belle nuit de toute sa vie ». A ce stade de la chronique, il parait nécessaire d’informer sur le chant, heu, langoureux de Barako Bahamas (directement échappé d’un porno français des années 80), et sur la musique composée par son collègue… Raymond Rhammond (le son Hammond le plus couillon et largué de toute l’histoire de la musique électronique). N’empêche : depuis les séries Z de Bruno Mattei, jamais n’avait-on ressenti une telle fierté à comprendre et parler la langue italienne.
    En Face A, « Coppi & Bartali » décrit la course cycliste opposant les dénommés Fausto Coppi et Gino Bartali. On pense à un Kraftwerk qui aurait engagé Sim en tant que compositeur principal, à une BOF éventuellement composée par Klaus Schulze pour le célèbre film « Touch’ pas à mon biniou », à un Jean Roucas affirmant à quel point il adore Tangerine Dream… Le thème de la course cycliste possédait son chef-d’œuvre musical (« Tour de France ») ; conscient de l’injustice, Spagguetta Orghasmmond lui offre aujourd’hui son nanar (personne n’en rêvait, Barako Bahamas et Raymond Rhammond l’ont quand même fait – et on les remercie, SVP).
     
    Un mot, quand même, sur les vidéos illustrant ces deux… chansons ? Dadaïsmes à la ramasse ? Slows jamais redescendus de cet acide gobé par hasard il y a maintenant trente ans par ce duo à la contagieuse autodérision ?
    « Parigi Sotto La Pioggia » possède un parti pris fort : mettre en scène un clip n’ayant strictement aucun rapport avec Paris. Sauf qu’ici, l’écart images / paroles vire au 180° : pendant qu’une incrustation montre Raymond Rhammond jouer de l’orgue dans le ciel (un effet que l’on doit certainement à des étudiants biturés ou hilares), une pseudo secte (ils possèdent tous des cagoules) marche (très) lentement dans une forêt avant de décapiter (sans raison apparente) l’un de leur collègue (le raccord décapitation / tête tranchée vous hantera jusqu’à la fin de vos jours). Même Jean Rollin aurait conseillé au monteur d’accélérer le rythme…
    « Coppi & Bartali » est un collage d’images d’archives montrant des cyclistes (pédalant en sens inverse) et… des vieux (oui, des vieux ; qui ? Quand ? Pourquoi ? Cherchez pas, c’est un concept).
     
    Après une telle expérience aussi musicale que visuelle, impossible de revoir un film de Marguerite Duras ou d’écouter une chanson des Smiths comme à l’accoutumée (à cette époque – il y a deux jours – où l’on ne connaissait pas encore Spagguetta Orghasmmond).
     
    P.S : par amour-propre, on n’a pas osé parler de la pochette du disque. Du reste, un tel visuel se passe de commentaires…
    http://spaggg.wordpress.com/